Tavelure de la Pomme - Biologie

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Tâches de tavelure sur feuilles de pommier
Tâches de tavelure sur le fruit
Modélisation de la maladie

1.3. Biologie :

Le développement de la tavelure comporte une phase parasitaire et une phase saprophytique. Dans la phase parasitaire, le champignon développe son mycélium sous la cuticule. A la fin de la période d'incubation, le mycélium crève la cuticule et émet à l'extrémité de supports très courts, les conidiophores, des conidies piriformes de couleur brun olive, qui donnent aux taches de tavelure leur aspect velouté caractéristique. La phase saprophytique se déroule dans les feuilles mortes. Le mycélium envahit le parenchyme, puis forme des organes de reproduction sexuée, les périthèces. Ces derniers sont des corps piriformes, de couleur brun-noir, mesurant environ 0,1 mm de diamètre à maturité et visibles avec une faible loupe sur les deux faces du limbe dont ils soulèvent et crèvent la cuticule. On peut en compter jusqu'à une centaine par centimètre carré. Le périthèce renferme les asques qui contiennent chacun 8 ascospores bicellulaires de couleur jaune verdâtre. La survie de la tavelure durant l'hiver est assurée principalement par les périthèces formés dans les feuilles mortes. Les amas de mycélium contenus dans les chancres des rameaux tavelés peuvent également permettre au champignon de se maintenir en vie durant la mauvaise saison et d'émettre des conidies au printemps suivant. Toutefois ce second mode d'hivernage est rare sur le pommier, plus fréquent sur le poirier.

La maturité des spores contenues dans les périthèces coïncide pratiquement avec le débourrement des pommiers. La pluie est nécessaire à la libération des ascospores. Celles-ci sont expulsées hors des périthèces à une hauteur de un à deux centimètres au dessus de la feuille, puis, entraînées par le vent, elles sont transportées, parfois sur de longues distances, jusque sur les jeunes feuilles et les inflorescences des pommiers. Tous les périthèces n'arrivent pas à maturité en même temps: les projections d'ascospores s'échelonnent donc, au gré des pluies, de la mi-mars à la mi-juin. Dans certains cas on a dénombré jusqu'à 25 000 spores par mètre cube d'air prélevé au niveau du sol. Les ascospores déposées par le vent sur les organes herbacés du pommier ne germent qu'en présence d'une goutte d'eau. La spore émet alors un tube germinatif qui se renfle au contact de la cuticule, la transperce mécaniquement, puis développe un mycélium sous-cuticulaire. La contamination primaire est ainsi réalisée. Les taches de tavelure primaire apparaissent après une période d'incubation de 18 à 25 jours suivant les conditions météorologiques du printemps. Elles fructifient aussitôt, donnant naissance à une multitude de conidies. Lorsqu'il pleut, ces dernières sont détachées de leur support et entraînées par l'eau de ruissellement sur les organes verts voisins, sur lesquels elles déterminent les contaminations secondaires. Ces nouvelles infections vont fructifier à leur tour et libérer de nouvelles conidies. Les contaminations secondaires vont ainsi se succéder au gré des pluies durant tout le reste de la période de végétation.

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